Actualités et dossiers de la section PS de Draveil
Le montant de cette franchise serait versé à un fonds pour la recherche contre la maladie d'Alzheimer.
Voilà qui est fort intéressant mais peu réaliste puisque deux objectifs contradictoires sous-tendent cette démarche.
D'un côté, on veut alimenter un fonds de recherche. Noble intention mais pourquoi seuls les malades seraient mis à contribution pour un problème de santé publique ?
De l'autre côté, il s'agirait de freiner la consommation de médicaments dont parait-il les français sont trop friands.
Mais alors, si les français achètent moins de médicaments, le fonds de recherche ne sera plus alimenté correctement et avec la démarche de taxer les malades, l'expérience démontre que l'Etat ne mettra pas la différence.
Où est la logique de cette nouvelle taxe ? De qui se moque-t-on ?
Par ailleurs, les grands esprits qui ont concocté cette réforme ont-ils vraiment étudié les conséquences de cette nouvelle charge pour les ménages ?
Pour notre part nous en voyons plusieurs qui sont porteuses de graves dangers.
Tout d'abord sur un plan financier.
La linéarité du prélèvement va pousser ceux qui en ont les moyens à se faire prescrire les derniers médicaments sortis, dont les plus chers, puisque proportionnellement la charge du nouveau prélèvement pèsera moins sur un médicament cher que sur un médicament peu cher.
Quid du devenir des génériques qui devaient contribuer à diminuer le déficit de la Sécurité Sociale ? Qui sera le grand gagnant de cette réforme : sûrement pas les patients qui sont rarement prescripteurs de la longueur de leur ordonnance, mais si on regardait du côté des laboratoires pharmaceutiques ?
Quid du devenir de l'homéopathie peu onéreuse et surtout souvent préventive ?
Comment feront ceux dont les moyens sont déjà insuffisants pour se soigner correctement ? D'ores et déjà les personnes les plus démunies consultent moins que l'ensemble de la population ("la santé des plus pauvres" Insee octobre 2007)
Devra-t-on attendre une pandémie pour que ces grands esprits prennent conscience des risques encourus par une population mal soignée ?
Mais il s'agit peut-être d'avancer sur le démantèlement de Sécurité Sociale en favorisant l'auto médication avec tous les dangers que cela comporte, en faisant croire, que le médicament est un produit comme un autre, distribué en grandes surfaces comme il en est question.
Au-delà du plan financier, nous voyons dans cette nouvelle réforme des dangers aux plans moral et sociétal.
Dans quel pays développé, les malades doivent-ils être ceux qui financent ce qui relève de la collectivité, surtout pour les maladies les plus graves ? Il ne s'agit pas là d'une assurance comme l'assurance auto où ceux qui prennent le risque sont ceux qui le payent. On ne choisit pas d'être malade, on subit la maladie.
Quelle société développée peut se permettre de laisser sur le bord du chemin ceux qui n'ont pas les moyens d'y vivre correctement et en bonne santé.
La dernière trouvaille du gouvernement est de faire bénéficier les plus démunis d'une aide au financement d'une couverture complémentaire.
Réjouissons-nous, il faut n'avoir qu'entre 606 et 725,25 € de revenus mensuels pour une personne seule pour pouvoir bénéficier de cette aumône.
A qui fera-t-on croire qu'avec de tels revenus il est possible d'avoir une couverture complémentaire ? Il est déjà plus qu'hypothétique de pouvoir se loger et se nourrir avec de pareils revenus.
Les effets d'annonce font beaucoup de bruit mais la réalité, plus discrète, est plus têtue.
On ne peut bâtir une véritable société avec des plus que nantis et des oubliés.
Ce n'est pas notre conception d'une société harmonieuse et solidaire.
Réforme, disent-ils ? De qui se moque-t-on ?