| Je serai très bref. D’abord, je le redis tout ce qui a été dit a été enregistré, et le compte-rendu sera disponible dès demain sur le site. Un grand merci d’abord, car en deux heures de discussion, il y a eu 33 interventions, ce qui est énorme, et en plus de très grande qualité, un grand merci à toutes et à tous et à nos deux témoins.
Ce que je retiens de tout ça, en très grandes lignes, d’abord des questions auxquelles je répondrai très vite.
Sur la question de la régionalisation, je pense qu’il n’y a aucun souci à se faire, ce n’est pas un sujet à gauche, ce n’est pas un sujet au Parti Socialiste, et ce n’est d’ailleurs pas un sujet pour qui que ce soit, et certainement pas pour Ségolène ROYAL.
Sur la carte scolaire en revanche, sa proposition n’est pas la suppression. Elle part d’un point de vue vrai, pas partout, mais vrai, que la carte scolaire n’assure pas toujours la mixité sociale, c’est parfois même l’inverse ici ou là. Il y a donc des questions à se poser sur sa révision, accompagnée d’autres politiques et actions, comme le renforcement indispensable des moyens, mais ça mérite quand même réflexion. Je ne me risquerai pas plus sur le contenu de sa proposition car je pense que ce sera un des thèmes forts et indispensables de son intervention de dimanche prochain.
Je ne reviens pas sur le détail des propositions qui ont été faites ce soir, mais je retiens trois idées fortes.
D’abord dans vos propos, il y a à la fois un très fort attachement à l’école publique, mais pas de désespoir de l’école publique. Au contraire, il y a l’expression d’une attente très forte sur le mode de l’urgence, comme s’il y avait la menace très forte que s’il n’y avait pas une réaction puissante et rapidement, c’est alors un grand danger qui menacerait le grand pilier de la République. Que ce soit la question de la qualité de l’enseignement, de la reproduction sociale, le fait que le projet éducatif n’est pas seulement l’école mais une somme d’intervenants et de partenaires.
La deuxième chose qui me frappe, c’est que c’est le malaise général.
C’est le malaise des professeurs, des instituteurs, exprimé très clairement, que ce soit sur les moyens alloués, sur l’échec programmé contre lequel on ne peut rien faire, ces gamins que l’on voit partir à la dérive et pour qui on a aucun moyen, et ce doit être terrible à vivre pour les enseignants car ça frappe de plein fouet la vocation même de l’enseignement. Je m’en suis rendu compte aussi en faisant le tour de toutes les écoles de Ris-Orangis, il y a un mois, avec toutes les équipes, et comme je le fais régulièrement depuis des années, il est évident de voir que le métier d’enseignant est de plus en difficile. Ils sont niés parfois dans leur fonction même, leur barque est chargée, par tout ce que l’on leur fait faire, ils rencontrent des problèmes de formation, et ils n’ont pas l’appui qu’ils souhaiteraient avoir, que ce soient d’autres d’adultes dans les classes ou un dispositif sanitaire autour de l’école, quasiment abandonné aujourd’hui.
Et c’est pourtant contraire même à l’idée de l’école de Jules Ferry qui n’avait pas pour seule ambition d’enseigner aux élèves, mais bien de faire des enfants bien dans leur tête et bien dans leur peau pour apprendre.
Au malaise des enseignants s’ajoute le malaise des jeunes et des enfants, que ce soit sur la question des devoirs, de la surcharge de travail, de l’angoisse relative à l’orientation, sa complexité, bref, sur son propre devenir.
Troisième malaise : celui des parents, très marqué. Le système organise presque malgré lui l’isolement des différents intervenants, mais tout particulièrement celui des parents.
Mais quand on doit faire face à un malaise des enseignants, un malaise des élèves et un malaise des parents, on a un très gros problème, c’est un malaise du système.
Il y a donc une nécessité forte, urgente, à agir avec le rappel de principes fondamentaux tels que la continuité des efforts, l’égalité et la vraie, la précocité des efforts à faire, avec la question de la petite enfance et de la première scolarité, la question de l’évaluation des actions publiques au regard des objectifs.
Enfin, il faut le faire avec les enseignants.
Demain soir, nous serons à Epinay-sous-Sénart sur la question des violences et des insécurités, jeudi soir à Saint Pierre du Perray sur l’environnement et le co-développement.
Un grand merci du fond du cœur, ne croyez pas que ça ne sert à rien, tout est déchiffré, des analyses thématiques sont faites, tout sera travaillé par Ségolène qui les exposera dimanche à Villepinte.
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